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Des cours «parallèles» dans des garages

Parallèlement à la rentrée scolaire officielle, une rentrée parallèle s’est déroulée dans des garages, des hangars et des sous-sols des blocs d’habitation, aménagés pour recevoir des élèves. Répondant à une question d’El Watan lors de sa visite dans la wilaya de Jijel, au mois de juin dernier, La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a plaidé pour une solution réglementaire à ces cours.
En attendant la promulgation des textes déterminant le cadre légal de ce phénomène, la course est déjà lancée pour attirer davantage d’élèves pour une nouvelle forme de «scolarité parallèle» qui impose désormais sa loi. Dans la wilaya de Jijel, le phénomène a pris de l’ampleur au point que dans chaque coin de rue, l’on est attiré par des plaques annonçant l’ouverture d’écoles privées. Si les enseignants se font discrets dans le recrutement des élèves pour leur donner des cours de soutien, plusieurs écoles privées ont vu le jour dans la wilaya.

La plupart annoncent leur spécialisation dans l’enseignement des langues, le français et l’anglais, entres autres. Si ce mode d’enseignement est de plus en plus prisé par les parents d’élèves pour sauver la scolarité de leurs enfants, en raison, insiste-t-on, de la baisse du niveau scolaire, le contexte reste insupportable pour de nombreuses familles, qui font face à des difficultés pour financier ces cours.

Pour l’anecdote, rappelons l’histoire de ces deux sœurs, Khawla et Ghada, du lycée Makhlouf El Hasnaoui Ben El Mokhtar à Jijel, qui ont brillamment décroché leur baccalauréat dans la série sciences expérimentales en juin dernier avec des moyennes de 17,72 /20 et 16,92/20, sans jamais recourir aux cours privés. Chef d’une petite entreprise locale, leur père, Hacene, est catégorique : «mes filles n’ont étudié que dans leur lycée». Et d’annoncer fièrement qu’elles sont inscrites en première année médecine à Constantine, sans que leur scolarité ne lui coûte le moindre sou.                                                                           

«Condamnés a la déperdition scolaire» à jijel

Pendant que des millions d’élèves reprennent le chemin de leurs établissements scolaires en cette rentrée de l’année 2015/2016, ils sont des centaines d’autres, dans la wilaya de Jijel, à être condamnés à la déperdition scolaire.
Le problème touche notamment les lycéens de la classe terminale, qui ont raté l’examen du baccalauréat dans sa session  de juin 2015.

En plein désarroi, de parents d’élèves en appellent à la sagesse et au sens de responsabilité du directeur de l’éducation et des proviseurs des lycées pour sauver leurs enfants d’un avenir incertain. «Mon fils n’a passé son bac qu’une seule fois, c’était l’année passée, cette année il se retrouve exclu, pourquoi on ne lui donne pas une seconde chance pour le sauver des conséquences de la rue sur son avenir», se lamente un parent d’élève, rencontré, au bord de la dépression, devant un établissement du secondaire.  
Et de poursuivre : «L’année passée, tous les élèves qui sont dans son cas, et qui ont redoublé en 1 ère ou en 2ème année secondaire, ont été rappelés pour repasser l’année.

C’était suite à une instruction du ministère de l’éducation qui a instruit les responsables du secteur à trouver de la place aux élèves exclus, quitte à leur créer des classes spéciales, pourquoi ne pas appliquer cette instruction cette année?». «Cette instruction a été exceptionnellement appliquée l’année passée, pour cette année, c’est toujours le déficit en places qui pose problème», réplique, pour sa part, le proviseur d’un lycée.

En termes de déficit, il convient de rappeler que dans la wilaya de Jijel, il y a un énorme manque d’établissements, notamment du secondaire, ce qui rend complexe le rappel des élèves exclus. «Mais on peut trouver des solutions, en orientant les élèves vers les établissements les moins chargés», préconise un parent d’élèves.

A El Milia, la deuxième plus grande ville de la wilaya, le problème est posé sous cet angle, puisque des élèves peuvent être orientés vers un autre lycée récemment ouvert, où se problème d’élèves exclus n’existe pratiquement pas.

Le litige autour de son terrain a renvoyé à plus tard, à une date improbable, la réalisation d’un lycée dans cette ville, dont on a prévu son inauguration…en septembre 2014.

A ce jour, il n’y a aucune trace de ce lycée, pendant qu’on continue à renvoyer, comble de l’incurie, des élèves dans la rue. Pour cette année, on annonce l’ouverture de deux lycées, à Jijel, et à Taher, pendant qu’à El Milia on fait dans le renvoi des élèves la politique pédagogique privilégiée, pour reprendre les termes d’un parent d’élève. Mme Benghabrit a-t-elle une solution pour ces élèves qui n’ont eu pour tort que d’avoir raté une seule fois leur bac ?  

Lamara Kaddour. Recteur de l’université de Jijel

Dans quelles conditions se son déroulées les inscriptions universitaires ?

Comme vous l’avez pu le constater, c’est tout un dispositif humain et matériel, avec, notamment, un matériel bureautique et informatique, qui a été mis en place pour cette opération. L’orientation des bacheliers a été confiée à l’administration centrale au niveau de l’auditorium ; nous avons veillé aussi à ce que le personnel administratif de chaque faculté soit mobilisé pour s’occuper des inscriptions des étudiants orientés vers ces mêmes facultés

Comment vous préparez la rentrée universitaire ?

Notre souci a d’abord été la préparation des locaux et de l’encadrement pédagogiques. En plus du recours aux vacataires pour pallier au déficit enregistré, notamment dans les filières de l’anglais et de l’architecture. Un concours de recrutement de 48 enseignants est en cours de préparation. A ce titre il faut souligner que nous disposons à l’université de Jijel de 24000 places pédagogiques, dont 14000 au campus universitaire de Tassoust et 10000 au campus central.

Qu’en est-il du taux d’échec et de réussite à l’université de Jijel ?

Si on parle d’échec, il faut d’abord noter que dans le bilan 2013/2014, prés de 5% des nouveaux étudiants inscrits en première année universitaire ont abandonné leurs études pour aller repasser leur baccalauréat.

A la faveur des ces données, nous avons pu avoir l’idée que l’échec concerne beaucoup plus les étudiants de la faculté des sciences et de technologie, qui arrive en tête avec un taux de 31,47%, puis celle des sciences exactes et de l’informatique, avec un taux de 30,27%, suivies des sciences de la nature et de la vie avec un taux de 27,66%. Les facultés qui enregistrent le plus fort taux de réussite sont celles des sciences humaines et sociales, avec un taux de 92,61% et des lettres et langues avec un taux de 87,22%. Ces statistiques portent à 74,56% le taux de réussite général à l’université de Jijel pour un taux d’échec de 20,66%. 

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